Marche commune du 7 mars à Fontoy

jeudi 8 mars 2018 ,par Dominique Picazo, Norbert Guelen

Guide : Norbert Guelen

texte : Norbert Guelen
photos D. Picazo

14 heures. 24 valeureux vosgiens se pressent sur la place des fêtes de Fontoy. En 959 dans un cartulaire de l’abbaye de Gorze, Fontoy apparait sous la forme d’AD FONTES (en latin FONS signifie source… de la Fensch ici). Ils bravent un temps gris, maussade, pluvieux, venteux sous les grains et s’élancent rue du château…..
Château dont il ne reste plus qu’une tour du XIII ème siècle restaurée face à la rue du KLOPP. Le KLOPP peut trouver son explication sous CLAPIER qui en 1210 désignait un état pierreux, caillouteux, voire amoncellement de roches en montagne (Petit Robert). Ce château attesté au XIII ème siècle a certainement pris la relève d’un camp fortifié gallo-romain situé sur un promontoire dominant la vallée de la Fensch (CASTEL ou CACHETEL ; voir carte HAYANGE 3311E) ; il est détruit au cours de la guerre de trente ans (1643) et en ruines en 1681. Au pied de cette forteresse bâtie sur une hauteur, jaillit la source de la rivière Fensch indiquée par une stèle (altitude 239m) ; longue de 15.2 km, elle se jette dans la Moselle sur le ban d’Illange (altitude : 156m). Au cours des siècles passés, son cours active tanneries, moulins, (à blé, à foulon, à plâtre, à huile), forges et usines sidérurgiques.
Après une 1h30 de marche assez pénible dans la boue, les randonneurs atteignent SANCY qui occupe un double site :

  • Sancy-Haut sur une butte occupée jadis par un château dans sa partie Est.
  • Sancy-Bas dans la dépression au pied de celle-ci.

Le château est mentionné dès le XI ème siècle dans les chartes de l’abbaye de St Hubert d’Ardenne (Belgique). Jusqu’à la fin du XIIIe siècle, Sancy est tiraillé entre l’influence des comtes de Luxembourg et des comtes de Bar qui finissent par s’y imposer. Réputé « bonne place » (l’un des châteaux les plus forts du pays au début du XVIIe siècle), Sancy est pendant la guerre de trente ans (1618-1648) l’enjeu d’âpres luttes. En 1635, le château est pris par les troupes françaises du Prince de Condé et démoli en 1640 par le maréchal Du Hallier gouverneur français de la Lorraine occupée.

Vers 1088, une famille titrée de Sancy fonde le prieuré Saint-Brice et en fait une dépendance de l’ abbaye St Hubert d’Ardenne. Des moines bénédictins sous la conduite d’un prieur l’occupent jusqu’en 1792 (terreur révolutionnaire).
Jouxtant le logis des moines, une chapelle est construite fin XIIe , début XIIIe siècle ; après plusieurs modifications (au XVIe siècle), elle devient église paroissiale St-Brice ; elle mesure dans ses plus grandes dimensions 30m de longueur, 18m de largeur ; en avant de la nef se dresse une tour-porche carrée à 3 niveaux haute d’environ 11m. Mais après deux tentatives de restauration (architecte Bauchet de Briey en 1848 et architecte Jacquemin de Metz en 1865) elle est détruite en 1867 ; seule subsiste l’abside Nord ou chapelle St-Hubert conservée comme chapelle de cimetière avec sa voûte en cul de four appareillée.

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Le cimetière est un véritable chaos de pierres tombales aux décorations riches et variées (représentation de la nature, martyr de Ste-Catherine…), un patrimoine qui sommeille et se meurt !!!! quel dommage !
Un calvaire du début du XIX siècle, récupéré devant l’entrée du cimetière en 1969 trône à côté de l’abside : Marie et St-Jean veillent sur le Christ ; le fût porte une sculpture d’évêque ; est-ce St-Brice…, St-Hubert… ou…. ?

De 1284 à1751 Sancy est le siège d’une prévôté dépendant du bailliage de St-Mihiel. Dans cette circonscription le prévôt est investi de pouvoirs administratifs (perception des revenus domaniaux), judiciaires (tribunal subalterne), militaires et de police.
A l’entrée Sud de Sancy-Bas, une demeure dénommée « la prévôté » datant de la 1re moitié du XVIIIe siècle, repose sur l’emplacement supposé des bâtiments de l’ancienne prévôté. C’est une imposante et belle construction à façades ordonnancées largement percées. La façade sur cour possède une porte d’entrée à fronton cintré (celle sur jardin une porte d’entrée à fronton triangulaire) et des piedroits à décrochements. Elle est entourée d’un mur de clôture et de dépendances (un pigeonnier dont la construction est l’apanage de certaines classes dans la société d’ancien régime, la grange aux dîmes…etc)
La grange aux dîmes – souvent le plus grand bâtiment du village….. après l’église - sert à stocker les produits de la dîme. Cet impôt ecclésiastique payé par les paysans pour l’entretien du clergé- en théorie- représente 1/10 ème des « fruits de la terre » ou des troupeaux.

Sur le chemin du retour, les randonneurs longent la voie ferrée Audun le Roman-Hayange à la découverte du saut-de-mouton mis en place aux anciennes gares frontières pour éviter les interruptions de trafic et passer sans arrêt d’un sens de circulation « à gauche » à un sens « à droite ». Pourquoi ? Les trains en Alsace-Moselle (territoire annexé de 1871 à 1918) roulent à droite comme sur tout le territoire allemand et non à gauche comme sur le réseau français calqué sur le modèle britannique (invention de George Stephenson (1781-1848) de la traction à vapeur sur rail en 1814) .
A 17h45, après un temps exécrable avec des averses entrecoupées de courtes éclaircies, ils rejoignent leur véhicule avec 13 km dans les pattes.

Bibliographie :

  • Fontoy, son histoire : Pierre Fastinger
  • Histoire de Sancy ; Documents rassemblés par J Paul Demange ; Cœur d’Occident editions.
  • Images du patrimoine N° 38 ; canton de Audun le Roman ; M et M ; Editions Serpenoise.
  • Le chemin de fer et la gare de Metz ; André Schontz ; Editions Serpenoise.
  • Pouvoirs et société dans la France d’ancien régime ; Vincent Milliot ; Nathan Université.

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Un jour de sentier,
une semaine de santé.


 

 

 

 

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