Sortie "Patrimoine Militaire" le 8 mars

dimanche 12 mars 2017 ,par Norbert Guelen

Guide Norbert Guélen
Photos Roland Kesseler et Marc Frant
Texte Norbert Guélen

JPEG14 heures. 22 courageux vosgiens encapuchonnés se rassemblent devant le chalet Virginie RITTER -Bois de la Côte- pour la marche " patrimoine militaire d’Angevillers ". Une légère pluie fine accompagne le départ des randonneurs...Elle se transformera dans la montée de l’ancien GR 5 -sur les hauteurs d’ESCHERANGE- en une pluie drue, cinglante avec vent et brume ...un temps de chien !!!
JPEGLa balade, longue de 11 kms, mène les marcheurs sur des sites construits dans les années 1930 :

JPEGRoland Kesseler {JPEG}1) Le stand de tir de ROCHONVILLERS (50m. - 100m.)
Les créneaux de tir et les goulottes sont identiques à ceux des chambres de tir d’infanterie d’un ouvrage ou d’une casemate...une bonne mise en condition réelle. A 100 m., un matelas de terre , sable et gravier " accueille " les projectiles. Les piliers en béton sont recouverts de madriers en bois (peuplier,sapin,de section 22x 8 cm)JPEG
(= paraballe)

JPEGRoland Kesseler {JPEG}2) Le casernement léger
En temps de paix, la troupe, affectée à l’entretien et à la garde des ouvrages, loge dans des maisons en bois ; à la première alerte , elles sont incendiées afin de dégager les champs de tir. Subsistent encore , cachés par la végétation quelques escaliers, soubassements en ruines et pans de mur ( 4 latrines à la turque, sanitaires)

JPEGRoland Kesseler {JPEG}3) L’ouvrage de ROCHONVILLERS (A8 de la ligne MAGINOT - cote 359 m.)(construit de 1929 à 1932)
exemples : ouvrage de FERMONT:A2, de MOLVANGE:A9...du HAKENBERG:A19.
Après l’armistice du 22 juin 1940, les Allemands l’occupent jusqu’en septembre 1944. Il sert ensuite de P.C. à l’O.T.A.N. de 1952 à 1967 puis de P.C. à la première armée française de 1981 à 1993. L’ouvrage de ROCHONVILLERS comprend deux entités bien distinctes séparées par 1,5km (voies ferrées de 60 cm avec gare de croisement dans la galerie) avec une partie avant (les blocs de combat) et une partie arrière (la base de vie).
JPEGRoland Kesseler {JPEG}Roland Kesseler {JPEG}a) Les blocs de combat (commune de ROCHONVILLERS) :
les neuf blocs de combat procurent à l’ouvrage une importante puissance de feu avec des canons de 47, 75 et 135 mm ; entre les blocs 3 et 5 les Allemands aménagent une piste d’atterrissage longue de 250 m capable d’accueillir des petits avions. Rien n’a changé depuis la fin de la guerre : l’humidité et la rouille rongent le matériel ; l’extérieur est truffé de queues de cochon, d’ardillons et de fil de fer barbelé...danger. (Pour s’y rendre : route ANGEVILLERS - ROCHONVILLERS ; après la descente à droite au niveau de la barrière Terrain militaire)

JPEGRoland Kesseler {JPEG}Roland Kesseler {JPEG}b) La base de vie (commune d’ANGEVILLERS) :
le fort est accessible par deux entrées, celle des munitions (plan incliné avec voies ferrées de 60 cm) et celle des hommes à quelques centaines de mètres (ascenseur et escalier). Il peut héberger 636 hommes de troupe, 93 sous-officiers et 28 officiers. Ce cadre de vie se compose de l’usine d’électricité, du magasin à munitions, de la caserne, des cuisines, des équipements sanitaires et médicaux etc...Au début des années 1980, c’est encore la guerre froide et ce secteur bénéficie donc d’une technologie de pointe ; la protection des risques N.B.C. (nucléaire, biologique et chimique)est assurée par d’énormes filtres ; une cage de Faraday permet de communiquer en toutes circonstances y compris en cas d’explosion nucléaire. (risques I.E.M. = impulsions électromagnétiques). Depuis le départ de l’armée et malgré les panneaux "Terrain militaire-défense d’entrer" ce site est vandalisé.
A quelques centaines de mètres se trouve le casernement de sûreté (camp d’ANGEVILLERS ou camp MAGINOT) pouvant accueillir deux équipages : A8 = (ROCHONVILLERS) A9 = (MOLVANGE). En temps de paix les troupes ne séjournent pas dans les ouvrages souterrains mais dans des camps en plein air.

JPEGRoland Kesseler {JPEG}4) Le bunker d’HITLER (cote 376 m)
En prévision d’une invasion des alliés en France, la construction d’un P.C. d’HITLER est prévue près de THIONVILLE.
Le choix se porte sur l’ouvrage de ROCHONVILLERS intégré à la ligne MAGINOT (A8). D’avril 1944 à septembre 1944, l’organisation TODT y entreprend la construction d’un bâtiment de plain-pied en béton armé, en forme de T renversé...et baptisé le "bunker du FÜHRER" par les habitants du village à la suite d’une visite d’officiers supérieurs le 6 juin 1944 (le général SCHMUNDT, aide de camp d’HITLER, le général S.S. WOLFF chef du service de transmissions d’HITLER).
Cette bâtisse aux volets verts mesure 53 m (façade) sur 35 m (barre verticale du T) ; deux ailes rappellent l’agencement d’un hôtel, la troisième comprend quatre grandes salles. Un chemin part de la façade principale et mène à l’entrée des hommes située à 50 m en contrebas ; il n’y a pas d’accès direct bunker - ouvrage A8.
L’organisation TODT engage aussi des travaux dans les parties souterraines (15300 m2 = Q.G. d’HITLER ; Q.G. de l’armée de terre ; Q.G. d’HIMMLER). Un autre bâtiment sans toiture s’élève à quelques centaines de mètres ; il a sans doute été conçu pour la troupe chargée d’assurer la protection du bunker d’HITLER.
En 1977, le Dr RICHARD RAIBER, américain, fait paraître dans une revue anglaise "After the Battle N°19" une carte des bunkers d’HITLER en EUROPE ; sur un ouvrage de la ligne MAGINOT, "near DIEDENHOFEN " apparaît...ANLAGE BRUNHILDE....

JPEGRoland Kesseler {JPEG}5) Une guérite-escargot.
Une demi-douzaine de guérites-escargot veille toujours au grain autour de l’ouvrage A8. Elles datent de la guerre 1914-1918 (création du génie militaire impérial allemand en 1904) mais ont été installées ici par l’occupant allemand après 1940. Sa double enveloppe de tôle, galvanisée ou non, rivetée ou boulonnée, enserre un vide (environ 8 cm) rempli de sable et de gravier une fois positionnée.

JPEGRoland Kesseler {JPEG}6) Le char enterré.
Ce char RENAULT FT radio T.S.F. date de la première guerre mondiale, mais démodé et obsolète à la veille de la seconde, il est enterré et aménagé en poste d’observation en direction d’ESCHERANGE.

JPEGRoland Kesseler {JPEG}7)Les deux abris-cavernes d’ESCHERANGE.
Ils sont destinés à abriter les troupes d’intervalle manoeuvrant entre les ouvrages et les éléments de commandement du 169è R.I.F. (régiment d’infanterie de forteresse) basés en A8.
Chaque abri est coiffé d’une cloche G.F.M. (guetteur fusilier mitrailleur). D’une profondeur de 28 m ils peuvent héberger environ 280 hommes.

JPEGRoland Kesseler {JPEG}A 17 heures 20 , les marcheurs fourbus , crottés et trempés jusqu’aux os retrouvent leur véhicule.

OUVRAGES A CONSULTER ;

JPEGRoland Kesseler {JPEG}-Les travaux du IIIè Reich entre Alzette et Fensch - Eugène GASPARD - Éditions KLOPP. WOIPPY - 1992

JPEGRoland Kesseler {JPEG}-1931-1945 ANGEVILLERS : chronique d’une enfance vécue sur la ligne MAGINOT - Ernest NIESSEN - Éditions FENSCH - VALLÉE. KNUTANGE - 2003

JPEGRoland Kesseler {JPEG}-La ligne MAGINOT en LORRAINE Stéphane GABER - Éditions SERPENOISE 2005

JPEGRoland Kesseler {JPEG}-La ligne MAGINOT en LORRAINE - Les patrimoines - Le Républicain Lorrain 2014

JPEGRoland Kesseler {JPEG}L’hebdomadaire de la région de THIONVILLE - Les trois frontières hebdo - Article de Sylvain CHIMELLO dans l’AMI-HEBDO - du 11 janvier 2009 - A consulter aux archives municipales de THIONVILLE - Messieurs LAGLASSE et GAUDINET peuvent vous en tirer une photocopie et vous saurez "TOUT"sur l’ouvrage A8.

 

Un jour de sentier,
une semaine de santé.


 

 

 

 

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