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Club Vosgien Thionville connu pour ses marches, entretien et balise environ 500 km de sentiers dans la région thionvilloise

Couverture du programme d’activités de juillet à décembre 2016

samedi 25 juin 2016 ,par Norbert Guelen

Texte Norbert Guélen
Photos Roland Kesseler + photos internet

JPEGJPEGPromenez-vous rue de la TOUR à THIONVILLE , arrêtez-vous au numéro 8 , levez la tête et lisez « Maison d’Antoine MERLIN , député de la MOSELLE à la législative puis à la convention - 1791-1795 - XVIIIe s » ; puis retournez-vous et vous verrez , datant de 1650 , quatre tourelles , demi hors - oeuvre , rappelant les cent vingt cinq ans de domination espagnole ; elles laissent apparaître les marches d’un escalier en colimaçon. La rue tire son nom du monument qui la domine à son extrémité : la tour du beffroi haute de 45 mètres (XIVe s , modifiée 1 ère moitié du XVIe s ). Au XVIIIe s , elle est une des rues où résident les Thionvillois les plus aisés.
JPEGJPEGAntoine MERLIN naît à THIONVILLE le 13 septembre 1762 , son père Christophe (1731-1794) est , à la veille de la révolution , procureur au bailliage et siège royal de THIONVILLE ; trop âgé quand éclatent les guerres de la révolution , il se tient éloigné des champs de bataille , mais ses quatre fils se mettent au service de la patrie en danger : Antoine s’engage en politique et les trois autres , François , Jean-Baptiste-Gabriel , Christophe embrassent la carrière des armes atteignant le grade de général.
JPEGJPEGAntoine MERLIN fréquente le collège des AUGUSTINS de sa ville natale puis le séminaire SAINTE-ANNE de METZ qu’il quitte se rendant compte qu’il n’est pas fait pour l’état ecclésiastique. Pour fuir les foudres paternelles , il se réfugie à la chartreuse du VAL-SAINT-PIERRE en THIERACHE (AISNE) chez un parent puis à PARIS. Après bien des tribulations (professeur de latin dans une école militaire entre autres...), il retrouve sa famille et occupe la fonction de premier clerc dans l’office de son père. En 1788 , il entreprend des études de droit à l’université de NANCY , y décroche ses diplômes et exerce la profession d’huissier puis d’avocat au parlement de METZ. Le 5 février 1788 , il épouse une amie d’enfance , de six ans son aînée , Anne BLAISE devenue orpheline et aveugle à la suite de la petite vérole ; ils auront 3 enfants , Paul en 1789 , Rose en 1792 et Céleste en 1794 ; elle meurt en 1799.
JPEGJPEGAntoine MERLIN dit MERLIN DE THIONVILLE pour le distinguer de son collègue à la convention nationale MERLIN DE DOUAI ,traverse , parfois avec un certain bonheur , différents régimes politiques :
JPEGJPEGJPEGJPEG-en janvier 1790 , favorable au nouveau régime qui s’élabore , ses concitoyens le nomment officier municipal ; il fait partie d’une délégation chargée de réclamer des armes auprès du ministère de la guerre à PARIS.
JPEGJPEGJPEGJPEG-le 4 septembre 1791 , il est élu député à l’assemblée législative par le département de la MOSELLE et siège à gauche ; en rupture de ban avec la noblesse et le clergé , il demande la mise en accusation des princes de sang émigrés , la confiscation des biens des émigrés et la déportation des prêtres.
JPEGJPEGJPEGJPEG-le 4 septembre 1792 , il est élu membre de la convention nationale représentant la MOSELLE et occupe les bancs avec les MONTAGNARDS¹.
Il demande la mise en jugement du roi Louis XVI et de la reine Marie-Antoinette ; mais nommé représentant en mission aux armées , il rejoint la garnison de MAYENCE (confluence du RHIN et du MAIN)en guerre contre la PRUSSE et n’assiste pas au procès du roi ; il est néammoins inquiété comme régicide sous la première restauration (Louis XVIII) mais son absence au procès joue en sa faveur.
JPEGJPEGJPEGJPEGJPEG■ à sa demande , après le siège de THIONVILLE² (24 août au 17 octobre 1792)la convention décrète « la ville et la garnison de THIONVILLE ont bien mérité de la patrie , 4-XII-1792 » (voir cette inscription sur l’autel de la patrie)
JPEGJPEGJPEGJPEGJPEG■le 24 juillet 1793 MAYENCE capitule ; MERLIN négocie avec les PRUSSIENS : les ralliés à la FRANCE ne sont pas inquiétés et les troupes françaises quittent la ville avec les honneurs militaires. La garnison - les MAYENÇAIS - est ensuite envoyée pour soumettre la VENDÉE ; MERLIN accompagne ses soldats (2 septembre 1793)...tantôt terrible dans les combats , tantôt conciliant et généreux après la lutte envers les vaincus mais la convention , sourde aux appels de modération , préfère soutenir les colonnes infernales du général TURREAU...et faire de la VENDÉE « un cimetière national ».
JPEGJPEGJPEGJPEGJPEG■le 6 novembre 1793 il retrouve les bancs de la MONTAGNE ; il défend courageusement DANTON et intervient dans les débats contre les jacobins et ROBESPIERRE.
JPEGJPEGJPEGJPEGJPEG■le 9 thermidor An II (27 juillet 1794) , il fait partie avec BARRAS , TALLIEN , FOUCHÉ...du groupe des conjurés et prend une part active à la chute de ROBESPIERRE , SAINT JUST et autres extrémistes guillotinés au soir du 10 thermidor (28 juillet 1794). La convention entre alors dans une période de réaction dite thermidorienne.
JPEGJPEGJPEGJPEG-le 15 octobre 1795 sous le directoire , MERLIN est élu député de la MOSELLE au conseil des cinq-cents ; il joue dans cette assemblée un rôle effacé , n’est plus réélu en 1798 et entre dans l’administration des postes.
JPEGJPEGJPEGJPEG-en août 1802 , il s’oppose au consulat à vie (NAPOLÉON BONAPARTE)...et sa vie politique s’achève.
JPEGJPEGJPEGJPEG-dans un dernier sursaut patriotique , en 1814 (empire napoléonien), il prend la tête de volontaires avec le grade de colonel afin de repousser l’invasion des armées alliées mais en vain.
JPEGJPEGIl termine sa vie avec sa seconde femme née DE LEPEL (épousée en 1804 et décédée en 1825) à COMMENCHON (AISNE) exploitant une propriété de 90 hectares.
JPEGJPEGLe 14 septembre 1833 , il meurt complètement oublié 48 rue des TOURNELLES à PARIS. Une plaque scellée sur la façade retrace brièvement sa carrière politique. Il repose au cimetière du PÈRE LACHAISE à PARIS au côté du maréchal NEY.
JPEGJPEGLa statue de MERLIN , sabre au clair , dans un geste pacifique , inaugurée le 14 juillet 1954 , se dresse au rond-point éponyme , direction UCKANGE et TERVILLE.
JPEGJPEGD’une hauteur de 4 mètres , en pierre d’EUVILLE (carrière meusienne au S.E. de COMMERCY), elle est l’oeuvre de l’artiste parisien ULYSSE GÉMINIANI (1906-1973) premier prix de ROME de sculpture en 1933.
JPEGJPEGIl a également éxécuté deux oeuvres pour l’église NOTRE DAME DE L’ASSOMPTION à THIONVILLE³(1956).
JPEGJPEGJPEGJPEG- à l’extérieur sur la façade : la Vierge Marie , un croissant de lune à ses pieds , une couronne de 12 étoiles au-dessus de la tête , et une immense draperie.
JPEGJPEGJPEGJPEG-à l’intérieur dans le choeur , entre autel et orgue , un crucifix monumental en bois d’iroko importé d’ABIDJAN (CÔTE D’IVOIRE) : 5 m de haut , 3,3 m de large , 1200 kg.
JPEGQuelques envolées verbales d’Antoine MERLIN tirées du livre Les MERLIN de THIONVILLE de Paul ALBERT :
« Votons la paix aux peuples et la guerre aux rois » (assemblée législative.)
« ce n’est plus avec des discours , mais avec des canons qu’il faut attaquer le palais des rois et le peuple sera libre » (assemblée législative.)
« je suis entouré de morts et de mourants et le tyran vit encore » (lettre envoyée à la convention depuis MAYENCE.)
« il faut fondre sur ce coquin là , le tuer comme un usurpateur , faire rouler sa tête aux pieds de la liberté » (propos rapporté par BARRAS dans ses mémoires. MERLIN s’oppose à Napoléon Bonaparte qui s’empare du pouvoir par le coup d’état du 18 brumaire An VIII - 9 novembre 1799.)
PS :
¹ La convention nationale : 3 groupes politiques : les Girondins , la Plaine , les Montagnards.
² Le siège de THIONVILLE en 1792 : refusant de capituler et pour leur montrer leur résolution inébranlable , les assiégés installent sur le rempart un cheval de bois avec une botte de foin dans la bouche et cette inscription « quand le cheval mangera ce foin , Thionville se rendra ». Ce cheval , provenant d’un manège de foire , fut conservé dans LA TOUR AUX PUCES mais brûlé en 1870 par les PRUSSIENS dès leur entrée en ville.
³ NOTRE DAME DE L’ASSOMPTION - THIONVILLE
Les choristes du club vosgien - le savent-ils - répètent dans une ancienne laiterie allemande inachevée (1942-1943) transformée en église avec l’ajout d’un clocher en 1954 par les architectes VOLTZ (METZ) et SCHOTT (THIONVILLE).
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*MERLIN dit l’enchanteur...ça c’est une autre histoire.
JPEGJPEGC’est un personnage légendaire de la mythologie celtique et du cycle du roi ARTHUR (excalibur-table ronde-quête du graal.)
JPEGJPEGDes poètes l’ont représenté sous les apparences d’un magicien aux dons d’enchantement et de prophétie amoureux de la fée VIVIANE.
JPEGJPEGLes sources à consulter :
JPEGJPEGJPEG-Une famille lorraine - Les Merlin de Thionville Région de Thionville - Études historiques n°6. 1949 - Paul ALBERT - coopérative d’édition et d’impression 30 rue Mazelle - METZ
JPEGJPEGJPEG-THIONVILLE : les personnalités d’hier et d’aujourd’hui - Frédéric GAUDINET - Fensch Vallée Éditions.
JPEGJPEGJPEG-THIONVILLE : cité méconnue - Paul NOËL - Région de Thionville - Études historiques N°18 - Imprimerie PIERRON - Sarreguemines - 1989 -
JPEGJPEGJPEG-Le patrimoine des portes de France et du Pays Thionvillois - Sous la direction de Mireille Bénédicte BOUVET - Serge DOMINI - éditeur -

 

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