Marche du 1 juin à partir de la Chapelle de Rabas

mardi 7 juin 2016 ,par Dominique Picazo

Nous étions 25 pour cette marche de 11.8 km. Notre parcours dans ce pays de légende et d’histoire, nous mena de la Chapelle Notre Dame de Rabas, à l’Abbaye de Villers-Bettnach, dont nous avons pu voir le monumental portail, don de l’Evêque de Metz, Monseigneur Cambout de Coislin en 1729, ainsi que la Chapelle des Humbles, lieu de culte intermittent qui jouxte l’Abbaye,
Poursuivant notre périple nous avons fait halte à l’Etang des Moines, pour admirer ce magnifique écrin de verdure, avant de continuer à travers la forêt sur des chemins passablement « mous ». Quatre kilomètres avant l’arrivée, quelques gouttes de pluie firent leur apparition, faisant ressortir les vêtements de pluie. Peine perdue puisque la pluie cessa rapidement.
Finissant la balade par la route de Befey, nous avons fait une halte à la Source Charlemagne, avant de rejoindre la Chapelle de Rabas et nos véhicules. Une fois de plus la météo fut clémente avec nous et personne n’a succombé au bain de boue « revitalisant ».
Merci à Gérard pour cette belle balade, où la bonne humeur et le plaisir de marcher étaient largement partagés par tous les randonneurs.

texte et photos : Dominique Picazo . Merci à Philippe Pierson pour les photos

Mythes, rites et légendes : La légende de la chapelle de Rabas et de la source Charlemagne :

Lors d’un de ses passages dans la cité de Thionville, Charlemagne partit chasser dans cette région qu’il aimait tant. En cette chaude et belle journée il prit la direction de Vigy et se mit en chasse dans les environs de Saint-Hubert. La journée avançant, les effets de l’astre du jour se firent plus intenses. La chaleur devint même accablante et à force de poursuivre sangliers et cerfs, les hommes de l’Empereur se perdirent.
La conjonction de leurs efforts et de la chaleur fit naître, chez les hommes comme chez les bêtes, une soif intense. Malgré les recherches il fut impossible de trouver le moindre filet d’eau ou la moindre petite mare pour parer à la déshydratation.

Très touché de voir les siens ainsi souffrir, Charlemagne fit un vœu à la Vierge. Il lui construirait une chapelle si elle venait à son secours en leur apportant de l’eau. Et aussitôt une eau salutaire apparue aux pieds du cheval de l’Empereur.
Charlemagne fidèle à sa promesse fit construire, à peu de distance de là, une chapelle dédiée à celle qu’il invoqua.

Une variante :
Il existe une variante de la légende contant que l’empereur demanda à son cheval de frapper trois fois le sol pour faire jaillir l’eau. Il est dit que si l’on creuse le sable, on peut encore voir la trace du sabot du destrier dans le sol. Cette variante se solde également par la construction de la chapelle de Rabas.
Une seconde légende reprend la même amorce et arrive à une conclusion identique, mais par un biais très différent.

La réalité : La chapelle de Rabas, une initiative de Charlemagne ?
Ce que nous dit l’histoire, c’est que Charlemagne aimait effectivement la chasse et qu’il aimait également Thionville, qui connut d’ailleurs de nombreuses modifications sous son influence.
L’histoire ne contredit pas la possible influence de Charlemagne dans la construction de la chapelle de Rabas. Les « Chroniques de la cité de Metz » en fait d’ailleurs mention.
Ainsi le chroniqueur messin du XVIe siècle nommé Jean Chatelain rapporte :

En celui temps, le grand Charlemaigne,
Roi et empereur d’Allemaigne,
En chassant au bois a l’esbat
Fonda la chapelle de Rabas.


Dans cette chronique du XVI e siècle, il est en effet question d’une chapelle mais pas de fontaine. Le chroniqueur se limite à des faits supposés historiques : l’empereur Charlemagne aurait décidé dans un élan de piété de fonder une chapelle au fond des bois, qui ne pouvait trouver sa fonction religieuse que dans un pèlerinage.

La chapelle est d’abord en 806 un petit oratoire. Au cours du XIe siècle, les lieux deviennent une destination de pèlerinage. C’est au monastère de Saint-Arnould qu’incombera l’entretien des lieux. La révolution passera par là et la chapelle sera revendue à un particulier. Un bon siècle plus tard elle sera rachetée par l’église qui la relèvera de ses ruines pour la remettre dans son état actuel.

La source paienne dîte de Charlemagne
La source Charlemagne correspond à trois résurgences de l’eau allant alimenter le ruisseau de Reibach. Voilà pourquoi, dans la variante de la légende, le cheval frappe trois fois le sol. Il y a fort à parier que les lieux furent un lieu de dévotion païenne ainsi christianisé.

La croyance :
En plus des légendes, une croyance baigne Rabas.
La tradition populaire assure que les lieux guérissent les nourrissons rachitiques. L’opération consiste à apporter un vêtement du « malade » et le jeter dans l’eau. Si le vêtement flotte, la guérison est certaine. Il faut ensuite aller toucher la statue miraculeuse de Notre-Dame de Rabas. Evidemment il sera utile d’aller boire l’eau de la fontaine Charlemagne et en rapporter pour s’en servir après le retour. Voici un nouvel élément en faveur d’un ancien lieu culte païen.

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Un jour de sentier,
une semaine de santé.


 

 

 

 

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