Sortie du 23 septembre à Briey

Visite de la Cité Radieuse Le Corbusier

vendredi 2 octobre 2015 ,par Dominique Picazo, Norbert Guelen

Balade : Gilbert Gaspard (10km ) et Norbert Guélen (5km)
Texte de Norbert Guélen
Photo : Dominique Picazo
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En ce premier jour d’automne, dès 9h30, 41 marcheurs ont vécu une seconde journée du patrimoine riche de 3 visites ( La Cité Radieuse Le Corbusier, l’église St GENGOULT à Briey, et la ferme auberge Ste Mathilde à Tucquegnieux), agrémentée de 2 balades (Briey – Haut, le plan d’eau de la Sangsue, la vallée du Woigot, et le bois de Napatant).

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1. La Cité Radieuse à Briey en Forêt.

Quelques repères :

 En 1887, naissance de Charles-Edouard Jeanneret à la Chaux de Fonds en Suisse avec la nationalité suisse .
 En 1920, il prend le pseudonyme de Le Corbusier, une adaptation du nom de l’un de ses ancêtres albigeois et devient français en 1930.
 En 1965 il décède à Cap-Martin (Alpes Maritimes) au cours d’une baignade dans la Méditerranée ; des obsèques nationales ont lieu dans la cours carrée du Louvre orchestrées par le ministre de la culture André Malraux ; il est inhumé dans le cimetière de Cap-Martin.

Pourquoi Briey en Forêt

 Des amitiés politiques : des relations se nouent entre Le Corbusier, Philippe Serre, ancien député et conseiller général de Briey et le ministre de la reconstruction Claudius-Petit. En 1950, le maire de Briey, le docteur Pierre Giry demande l’implantation d’une cité radieuse lors de la visite de Claudius-Petit.
 Un site exceptionnel : au cœur de la forêt de Napatant, Le Corbusier a l’occasion d’appliquer sa théorie : création de cités jardins verticales au contact de la nature « on devait pouvoir vivre dans les arbres », « des fenêtres de l’immeuble, on verra la houle du feuillage et les horizons lorrains »
 La cité radieuse : Briey possède une des 5 réalisations de Le Corbusier sur le thème de « unité d’habitation de grandeur conforme » et non de HLM ; les autres se situent à Marseille, Rézé-Nantes, Berlin, Firminy. Ce bâtiment construit entre 1959 et 1961 sur pilotis (libération du sol, air, lumière) orienté Nord-Sud est long de 110m, large de 19m, haut de 51m (64m avec le château d’eau). Des ascenseurs desservent 17 étages abritant 6 rues intérieures distribuant 339 logements (240 à 260 environ aujourd’hui après restructuration) mais c’est une cité radieuse inachevée : pas de toit-terrasse équipé (école, théâtre, piscine) ni de 3e rue animée (commerces). Pourquoi ? ; les élus, soutenant le projet de Le Corbusier, sont battus aux élections municipales de 1958… et le nouveau conseil est moins enthousiaste.

Les difficultés

L’unité d’habitation traverse de graves difficultés :
• Les départs des familles américaines quand la France quitte l’OTAN en 1966 (soldats basés à Etain)
• La crise de la sidérurgie et des mines
• Les deux chocs pétroliers
• La mauvaise gestion financière de l’immeuble.
Tout ceci entraîne sa fermeture en 1983 et une démolition est envisagée en 1987 (la cité est murée).

Le sauvetage de la Cité Radieuse (fin des années 1980)

Grâce aux efforts de la municipalité, de l’état, du centre hospitalier général Maillot (projet d’une école d’infirmières), elle est aujourd’hui entièrement habitée sous la forme d’une copropriété inscrite à l’inventaire des M.H. depuis 1993 (façades, terrasses, hall avec son comptoir, 1re rue, appartement témoin), elle est visible à 30kms à la ronde émergeant de la cime des arbres.

Place … « au terrain »

• La première rue :
La guide aborde les thèmes suivants : la polychromie (rouge-vert-bleu-jaune), l’obscurité et la lumière au dessus de chaque porte, le dallage souple atténuant les bruits… et le modulor (standard dimensionnel) ; elle désigne ainsi notre ami J.C.B. comme modulor-étalon : taille de l’homme : 1.83m, hauteur de plafond avec bras levé : 2.26m.
• L’appartement témoin :
C’est un appartement duplex « à cheval » sur la 1re rue éclairé des 2 côtés Est et Ouest par des baies vitrées ; petite ouverture pour le courrier et les courses « cuisine intégrée », système d’aération ingénieux, escalier en collaboration avec Prouvé, chambres d’enfants modulables avec cloison centrale coulissante se transformant… en tableau vert…

Un dernier mot

Pendant 2 heures, Mme Léonard, guide de l’association la Première Rue a su titiller notre curiosité, nous tenir en éveil par ses interrogations, son énergie et son savoir sur Le Corbusier.

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2- La ferme – auberge Ste Mathilde à Tucquegnieux.

Le déjeuner

A midi, le groupe se retrouve autour d’une bonne table dans un lieu historique. Le repas préparé avec des produits de la ferme et du potager est succulent : ah ! ce fromage blanc au goût de notre enfance et cette mousse au caramel glacée sur un lit de crème anglaise…. Un régal… Le dessert préféré du général De Gaulle parait- il !!!! On en parlera longtemps dans les chaumières n’est-ce pas C. B..

Le bâtiment actuel (XVI ème siècle)

Il était vraisemblablement un monastère de femmes chargé de soigner les lépreux, d’assister les pauvres et d’offrir l’hospitalité aux voyageurs.
Sous la révolution française, l’ensemble est sécularisé et vendu comme bien national ; l’hôpital St Mathilde devient une copropriété privée, habitée par plusieurs familles.
En 1836, il est acquis par un seul propriétaire le transformant en une exploitation agricole : la ferme Ste Mathilde.
Dans les années 1990, la famille Finot, parents de notre hôtesse, reconvertit le domaine en ferme-auberge et obtient son inscription à l’inventaire des M.H.

La façade renaissance de style Henri II.

Elle présente des aspects remarquables :

  • Le perron avec un escalier à double volée.
  • La porte voûtée en plein cintre surmontée d’un oculus oblong.
  • Le fronton incurvé, orné de 2 urnes affichant une inscription latine et une date « ce n’est pas pour moi, mais pour le Christ que j’ai été construite ; 1564 » Ceci témoigne bien du caractère charitable et hospitalier du lieu.
  • De faux pilastres doriques sur 3 niveaux divisant la façade en 3 travées.
  • Des fenêtres à meneaux en partie restaurées. Face au perron, les murs du potager datent de la même époque ; on peut y trouver une autre inscription latine « sois remarquable non par le nom de ta naissance mais par ta vertu ».

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3 – L’église St Gengoult de Briey (M.H. 1987)

Qui est St Gengoult ?

C’est le saint patron de l’église (paroisse du Christ aux liens) : chevalier dans les armées de Pépin le Bref, martyr de la foi conjugale, invoqué pour la paix des ménages. A droite du choeur un vitrail représente son assassinat en 760 par l’amant de son épouse.

L’extérieur.

La découverte d’une crypte en 1982 permet de dater la construction de la chapelle primitive à fin du XI siècle-début XII siècle ; mais le développement économique et démographique de la cité entraîne d’importantes transformations. Aujourd’hui c’est un édifice composite où se marient harmonieusement roman, gothique flamboyant et classique. Sur la façade du grand portail, une gargouille interpelle le passant : un vigneron portant sa hotte !

L’intérieur : 4 chefs-d’œuvre classés M.H.

• Le dict des trois morts et des trois vifs ; bas-relief en pierre calcaire de Jaumont (milieu du XVI s.) ; c’est l’unique représentation du thème de l’égalité devant la mort en Lorraine ; les six personnages s’expriment grâce à une banderole ou phylactère.
• Le Christ aux liens en pierre jadis polychrome, détaché sans doute d’un ensemble (XV s.), un Christ doux et conventionnel chevilles et poignets encordés, épaules drapées.
• Le calvaire en bois polychrome attribué à Ligier-Richier dans le chœur de l’abside en cul-de-four (XVI s.) ; il comprend 6 personnages de taille humaine : le Christ, le bon, et le mauvais larron, la Vierge, St Jean, et Madeleine. Les 2 fenêtres ont été murées pour une meilleure mise en valeur de l’œuvre.
• La Vierge de pitié en bois polychrome (XV s.) ; grâce et tendresse en font un chef d’oeuvre de la renaissance lorraine.

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A 17h 15, après une journée bien remplie et sans pluie ., la mine réjouie, les vosgiens retrouvent leur véhicule.

PS : à une journée près, les vosgiens ne visitaient pas la Cité Radieuse (un incendie et une explosion ont eu lieu le lundi 21 septembre peu avant 16h. (voir le R.L. du mardi 22 septembre).

Sources de l’auteur :

Documents polycopiés distribués par l’association La Première Rue.
Programme 2015 ; la Première Rue ; Cité Radieuse Le Corbusier à Briey.
Ferme Ste Mathilde à Tucquegnieux- Brochure touristique 2003- Direction régionale des affaires culturelles de Lorraine ; 6 place de Chambre à Metz.
Eglise St Gengoult-Briey-Communauté des communes du Pays de Briey-Prospectus d’après Gervais Jeangeorges (église –S.I.)
Vieilles pierres du Pays thionvillois et de la vallée de la Fensch Adrien Printz- Editions Klopp 1993.

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Un jour de sentier,
une semaine de santé.


 

 

 

 

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